Que souhaitons-nous ?
* Nous voulons un emploi !
Mais comment travailler sans voir?…
Pourtant, professeur, psychiatre, hôtesse d’accueil, assistante clientèle, kinésithérapeute, etc, les exemples ne manquent pas pour lesquels nous, femmes déficientes visuelles avons pu faire la preuve de notre compétence et de notre sérieux, mais les postes se font rares et celles qui occupent un emploi valorisant sont « exception » !
Largement plus exposées au chômage que nos collègues masculins en raison d’un manque de formation professionnelle, nous sommes aussi bien peu dirigées vers les études. Dans le monde du handicap, avoir accès à l’enseignement secondaire ou apprendre un métier est encore majoritairement réservé aux garçons, et que dire de l’enseignement universitaire !…
«Les filles n’auront qu’à s’estimer heureuses si elles trouvent un mari qui veuille bien d’une « handicapée.»
Si l’on sait que déjà les personnes handicapées dans leur ensemble sont trois fois plus exposées au chômage que les valides, que dire du sort réservé aux femmes de cette catégorie de citoyens !… Cumulant les handicaps (celui d’être femme et de surcroît porteuse d’une déficience sensorielle), nous, femmes aveugles ou malvoyantes, avons l’audace de revendiquer notre droit à l’éducation, à la qualification professionnelle et qui plus est, ne plus être jugées sur notre apparence mais sur notre compétence, nous voulons des salaires identiques à ceux de nos collègues masculins.